PRÉSENTATION DU SITE / MENTIONS LÉGALES



"Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes est l'aboutissement d'un travail séculaire". E. Renan


Un jour - qui ne sera peut-être pas très lointain - la colonisation française sous la troisième République sera analysée par des historiens, des sociologues ou des ethnologues, et considérée sans esprit préconçu. Son véritable bilan sera fait, à tout le moins, des aspects positifs lui seront attribués.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, apporter aux indigènes la paix intertribale et faire disparaître l'esclavage, amener l'éducation et assurer la santé, semblaient alors pour la France colonisatrice la justification du statut de "grande puissance".

Succédant aux médecins de la marine "en poste à terre" dans ces régions, le Service de Santé des Troupes Coloniales se voit confier, par nécessité, l'action sanitaire civile dans les colonies françaises (Maghreb excepté). En 1890, est ainsi créé le corps de santé des colonies et des pays de protectorat, devenu en 1903 le Corps de Santé des Troupes Coloniales, puis des troupes d'outre-mer avant d'être intégré, en 1968, au Service de Santé des Armées.

Cette période s'étend donc de Sadi Carnot à Charles de Gaulle. Le recul actuel permet de faire le bilan de l'action sanitaire de ces hommes en tenant compte des conditions dans lesquelles ils ont oeuvré… et pendant qu'il reste encore des survivants de ce corps de santé pour témoigner.

De ce site, consacré à son oeuvre civile, nous allons successivement :

- Préciser ses objectifs.
- Donner des raisons d’en conserver la mémoire.
- Tracer ses limites.
- Souligner quelques remarques préliminaires.

Ainsi que des conseils pour une navigation agréable, et les mentions légales.


Travaux pratiques d'anatomie (Dakar 1923)





LES OBJECTIFS DU SITE

Il s'agit de rapporter l'oeuvre accomplie, ses réussites et aussi ses échecs, auprès des populations civiles.

Les conditions climatiques étaient généralement difficiles avec des maladies souvent inconnues et la microbiologie n'en était qu'à ses débuts. En 1903 et 1904, 10 % des officiers sont morts à la tâche, surtout les plus jeunes, moins aguerris.

La conquête achevée et la pacification entreprise, la première urgence dévolue aux médecins et pharmaciens coloniaux est d'affronter et de combattre les grandes endémies tropicales qui déciment les populations autochtones et n'épargnent pas les européens. Une grande majorité (80 à 90 %) des personnels du service de santé est en position "hors-cadres", c'est à dire affectés à ces tâches civiles. Leurs patients sont à 99 % des autochtones, la pratique médicale et les médicaments qu'ils prescrivent sont gratuits. Il faut tout créer : dispensaires, maternités, hôpitaux, organiser des circuits de traitements et de vaccinations, des tournées de dépistage… Le rouage le plus emblématique de cette action de proximité et de profondeur est le médecin de brousse, isolé en zone rurale.

La tâche est immense et l’insuffisance de crédits et de personnels est permanente.

Malgré cela, les médecins et pharmaciens coloniaux, avec l’aide des collaborateurs autochtones qu’ils ont formés dans des écoles ouvertes sur place, ont souvent réussi à juguler les endémies tropicales avec les moyens qu’ils ont adaptés ou inventés. Les connaissances sur ces maladies ont progressé, en grande partie grâce aux instituts Pasteur et autres instituts de recherche qu’ils ont fondés et animés.

Enfin, si le corps de santé colonial français n'a existé qu'entre 1890 et 1968, il ne faut pas oublier, d'une part ses devanciers de la marine depuis le XVIIIème siècle, ni d'autre part que ses personnels ont encore longtemps été demandés par les gouvernements des pays devenus états indépendants.


Bac de franchissement sur le Congo (1932)

Ainsi, en 1982, il y a outre-mer autant de médecins et pharmaciens militaires hors-cadres qu'en 1939 soit environ 700. En l'an 2000, soit quarante ans après les indépendances, il en reste encore un peu moins d'une centaine.




LE TRAVAIL DE MÉMOIRE

A la fin du XIXème siècle, les européens ont gardé le souvenir des épidémies de peste ou de choléra qui les ont touchées il y a moins d'un siècle dont les échos leur parviennent encore… mais beaucoup ignorent les millions de paludéens, de bilharziens, d'amibiens, de lépreux… qui souffrent et meurent de par le monde.

L'espérance de vie de ces populations est d'une trentaine d'années, un enfant sur quatre meurt avant l'âge d'un an, etc… Rares sont les reporters ou écrivains, tels Albert Londres ou André Gide, qui, dans les années 1920, livrent leurs états d'âme à ce sujet.


Transport de malade sur civière (Madagascar 1902)

Et pourtant, en moins d'un siècle, les populations de ces pays ont doublé ou triplé, des zones réputées insalubres sont devenues des lieux de vacances, la plupart des endémies ont été jugulées.

Les personnels du service de santé militaire envoyé par la France dans ces régions ont œuvré dans l'indifférence de l'opinion métropolitaine. Chacun faisait son devoir, sans tapage, dans la tradition de la "grande muette".

L'historien français Pierre Pluchon écrit en 1985 : "Malgré la richesse du bilan du Corps de Santé Colonial, les français préfèrent célébrer les activités du docteur Schweitzer qui, pour avoir été organiste et avoir séduit les publicitaires américains, ne possède pas, pour autant, les états de services de n'importe lequel des quelque 5 000 médecins et pharmaciens coloniaux, issus de l'École d'application du Pharo".

Les textes de ce site sont écrits par ceux qui ont vécu cette époque ou proviennent des archives ou des publications de leurs anciens. Ils se veulent témoignages de la chose vue, vécue et ressentie.

Puisse ce site faire connaître le corps de santé colonial français et l'œuvre remarquable accomplie en quatre-vingts ans.

Incompris ou ignorés par l'opinion métropolitaine, ses officiers et sous-officiers ont fait largement honneur à la France et ont renforcé son rayonnement international.





LES LIMITES DU SITE

Ces textes ne sont pas destinés à faire le point des connaissances en médecine tropicale. Il est exclu d'y trouver des mises à jour techniques. Ils ne prétendent pas non plus reconstituer l'histoire exhaustive des grandes maladies exotiques, cette histoire a fait l'objet de nombreux travaux.

Il eut été fastidieux de passer en revue toutes les maladies courantes. N'ont été retenues que les maladies où le rôle du corps de santé colonial français a été déterminant ou d'une efficacité indiscutable.

Au-delà des années 1970-1980, le rôle civil des anciens du corps s'est limité à des domaines précis où leurs conseils techniques étaient particulièrement appréciés.

Réservé au rôle civil du corps, ce site ne traite pas de la part prise par les personnels du corps dans les opérations militaires relevant du ministère de la Guerre.

Il est bien évident que, militaires de carrière, les personnels du corps ont servi dans les unités engagées au cours des différents conflits du XXème siècle.

Le drapeau du Pharo est décoré de la Légion d'Honneur, de la Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945. Sur 19 officiers des services de santé faits Compagnons de la Libération, 17 appartiennent au Corps de Santé Colonial.


Paillote-Infirmerie à la frontière de la Chine (1949)

Enfin, ce site ne traite pas de façon exhaustive des personnels civils européens, soit contractuels du ministère des Colonies, soit d'exercice libéral dans les villes, surtout après la Deuxième Guerre mondiale.

Une mention particulière doit être réservée aux dispensaires privés, implantés en zone rurale où des personnels majoritairement religieux ont fait preuve d'un remarquable dévouement. Certains hôpitaux coloniaux ont également fait appel à des religieuses infirmières, surtout dans les premières années.



Salle d'hôpital (Dakar 1946)





REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Tous les textes sont anonymes. Leur rédaction a été réalisée de façon collégiale. Tous les membres de l'Association Amicale santé navale et outre-mer ont été invités à y participer. Elle est le seul signataire.

L'appartenance à ce Corps des auteurs cités est signalée dans les textes par un astérisque (*) à côté du nom.

Le lectorat n'étant pas nécessairement spécialiste du domaine médical, les rédacteurs se sont attachés à éviter les termes trop techniques, quelquefois au détriment de la précision. C'est un choix délibéré qui induit un style de type journalistique plus que scientifique. Il est totalement assumé.

Quelques synonymies peuvent dérouter le lecteur. Les plus fréquentes concernent les expressions suivantes qui sont utilisées avec la même signification : Corps de santé des troupes coloniales et Corps de santé colonial, voire "le Corps" ou bien, médecins et pharmaciens des troupes coloniales et médecins et pharmaciens coloniaux, etc...

L'Œuvre Humanitaire du Corps de Santé Colonial français est présenté sur CD-Rom. qui peut être demandé à l'adresse de l'Association, 19 rue Daru, 75008 Paris.

Les photos présentées sur le site appartiennent à l'Institut de Médecine Tropicale du Service de Santé des Armées - IMTSSA- Le Pharo à Marseille, à l'ASNOM ou à ses adhérents, sauf indication contraire (ESSA, ECPA). Malgré nos recherches, il ne nous a pas été possible de joindre les ayants droits de documents du début du siècle dernier.

Ces photos ne sont pas libres d'utilisation. Concernant leurs droits d'exploitation, il est nécessaire de s'adresser au centre de documentation du Pharo, à Marseille.




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MENTIONS LÉGALES

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Page mise à jour le 25/05/2012 .





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