LES ÉTABLISSEMENTS DE FORMATION DU PERSONNEL




La Boite et le Pharo !

Deux lieux initiatiques et emblématiques pour les médecins et pharmaciens coloniaux de 1890 à 1968 !
Le premier, l’École de santé navale, fait de vous un médecin ou un pharmacien et un militaire, le second, l’École du Pharo, fait de vous un colonial : vous entrez dans le Corps de santé colonial.

Aux débuts de l’expansion coloniale, les personnels sanitaires militaires en service dans les colonies sont peu nombreux et formés dans les écoles de médecine de la marine.

En 1890, le doctorat en médecine et le diplôme de pharmacien étant devenus obligatoires, l’École principale du service de santé de la marine et des colonies dite École de santé navale est créée à Bordeaux. Auprès de la faculté de cette ville, les élèves acquièrent les grades universitaires requis. Il s’agit d’une formation médicale initiale métropolitaine. Les écoles de médecine de la marine deviennent écoles annexes. Une section coloniale est ouverte entre 1925 et 1956 à l’École de santé militaire de Lyon.

Promus officiers, les médecins et pharmaciens coloniaux entrent à l’École d’application du service de santé des troupes coloniales, créée à Marseille en 1905, dite École du Pharo. Dans cet établissement, ils vont se spécialiser en médecine et pharmacie tropicales.

Dans ce creuset marseillais du Pharo, sont réunis, formés, brassés, les officiers du Corps de santé colonial : médecins venus de Bordeaux ou de Lyon, pharmaciens issus de Bordeaux ou directement recrutés, officiers d’administration et sous-officiers infirmiers. Creuset où chacun acquiert le sentiment d’appartenir à un même Corps, avec des objectifs et des méthodes communs, où se nouent de solides amitiés.

On peut souligner l’ampleur des résultats obtenus au regard des effectifs, numériquement modestes.





LES ÉCOLES DE CHIRURGIE NAVALE ET LES CHIRURGIENS ENTRETENUS

Sous l'Ancien Régime, les services de santé militaires forment leurs propres personnels. Distinctes des facultés de médecine et de pharmacie, leurs écoles de formation ne débouchent pas sur un diplôme universitaire. Il est cependant possible aux militaires, après quelques années de carrière, de préparer et d'obtenir le doctorat en médecine qui, seul, confère l'appellation de médecin. Les officiers de santé de l'armée de terre sont formés dans les hôpitaux militaires de Lille, Metz, Strasbourg et Toulon.

Pour la marine, le décret de création de l'hôpital maritime de Rochefort est signé en 1673 et une ordonnance de 1689 prévoit la création d'une école de chirurgie navale dans les trois ports dotés à la fois d'un hôpital et d'un arsenal, Rochefort en 1722, sous l'impulsion de Cochon-Dupuy, Toulon en 1725 et Brest en 1731.

A Rochefort, le grandissime projet de Toufaire se concrétisera en 1788, réalisant un véritable CHU avant l'heure. La conception de l'hôpital en forme de H, de type pavillonnaire permettait aux malades atteints d'une même affection d'être regroupés dans un même pavillon, évitant ainsi la contagion, une idée pour le moins en avance sur son temps, un siècle avant Pasteur.


L'école de médecine navale de Rochefort


Hôpital de Rochefort
© Musée national de la Marine

La mission de ces trois écoles est de former des "chirurgiens entretenus" (on dirait aujourd'hui d'active) tandis que les chirurgiens auxiliaires ne sont liés que par un contrat temporaire.





L’ÉCOLE PRINCIPALE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE ET DES COLONIES - LES ÉCOLES ANNEXES

Conséquence des progrès de l’instruction publique, les conditions d’exercice de la médecine et de la pharmacie se modifient. Les diplômes de docteur en médecine et de pharmacien étant exigés pour tous, l’armée se trouve dans l’obligation de transférer dans les villes universitaires ses centres de formation.


École de Bordeaux en 1961 (cliché ESSA).
Mari transve mare hominibus semper prodesse
(Sur mer et au delà des mers, toujours au service des Hommes)

La marine en 1890 implante à Bordeaux l’École de Santé Navale ou plus familièrement pour les élèves, la "Boite". C’est "l'alma mater" !


Insigne de l'Ecole de Santé Navale 1950 (cliché ESSA)

Après le baccalauréat et le certificat de physique-chimie-sciences naturelles (ou biologie) obtenu en faculté des sciences, l'étudiant est admis dans une des trois écoles annexes. Inscrit à la faculté de médecine de Paris, Bordeaux ou Montpellier, respectivement pour les écoles de Brest, Rochefort et Toulon, il effectue à l'école-annexe sa première année d'études universitaires dont le programme est celui du concours d'entrée à l'école de Bordeaux. En fin d'année, un jury de la faculté vient sur place faire passer l'examen et, en cas de succès, valider l'année universitaire. Quelques semaines plus tard, c'est le concours.

Les étudiants en pharmacie effectuent à la pharmacie de l'hôpital maritime leur première année d'études, c'est à dire le stage. En outre, ils reçoivent un enseignement approfondi en physique et chimie, les deux principales matières du concours.

Une cinquantaine d'étudiants en médecine et cinq à dix étudiants en pharmacie sont recrutés chaque année. Les épreuves sont difficiles et, avant 1940, le redoublement de cette année préparatoire est nécessaire pour avoir de bonnes chances de succès. Les "navalais" signent un engagement de servir au moins dix ans après la fin des études. Ils portent l'uniforme d'officier de marine.

La formation universitaire des élèves de Santé Navale est identique à celle des autres étudiants de la faculté, avec, en plus, un suivi attentif par l'encadrement de l'école. Ainsi, l'assiduité aux cours et stages est obligatoire. Tous les quinze jours en moyenne, les élèves passent une "colle" portant sur la partie du programme déjà enseignée en faculté.

Les notes obtenues conditionnent les autorisations de sortie car, au moins pendant les trois ou quatre premières années, l'internat est la règle.


Promotion 1905 de l'École de santé navale

Avant la thèse, il reste aux médecins quatre, puis plus tard cinq années d'études à effectuer. Les pharmaciens passent trois ans, plus tard quatre, à l'école. Il leur est fait obligation, en plus des cours et travaux pratiques réglementaires, de parfaire leurs connaissances en chimie et botanique en préparant à la faculté des sciences plusieurs certificats de licence (unités de valeur).

Le diplôme décerné en fin d'études par la faculté de médecine et pharmacie est celui de docteur en médecine ou de pharmacien exigé par la législation française. A l'issue de leurs études, les élèves, selon leur classement, choisissent entre la marine, les troupes coloniales et, à partir de 1941, l'armée de l'air.

La composante militaire de l'école est omniprésente : le régime, la discipline et l'encadrement sont ceux des grands écoles militaires; des séances de préparation militaire sont assurées ainsi que des cours d'équitation dans une caserne proche de l'école. De la vie en commun pendant quatre ou cinq ans, naissent la camaraderie puis les amitiés. Celles-ci sont favorisées par les temps de loisirs utilisés selon les goûts dans les nombreuses équipes sportives (souvent championnes de la marine), dans les cercles de lecture, les activités de l'aumônerie, voire les mondanités.

L'Ecole de Santé Navale est dirigée par un médecin-général de la Marine et restera, jusqu'en 1964, le lieu principal de formation des médecins et pharmaciens de la marine et des troupes coloniales et, depuis 1941, de quelques médecins de l'Armée de l'Aviation.

Actuellement, l'Ecole du Service de Santé de Bordeaux et l'Ecole du Service de Santé de Lyon ont des modes de recrutement qui ne sont plus ceux du passé. En outre, depuis 1981, la section pharmacie de Bordeaux est supprimée et l'Ecole de Lyon regroupe tous les futurs pharmaciens militaires.





LA SECTION COLONIALE DE L’ÉCOLE DE SANTÉ MILITAIRE DE LYON

En 1856, sous Napoléon III, l'armée de terre ouvre l'École impériale du service de santé militaire à Strasbourg. Auparavant, les médecins et pharmaciens étaient formés dans les hôpitaux militaires de Lille, Metz, Strasbourg et Toulon. Après la défaite de 1870, la nouvelle école, perdant sa référence impériale, est définitivement transférée à Lyon en 1889. A leur sortie, les officiers servent dans les unités métropolitaines de l'armée de terre et dans les territoires, colonies ou protectorats, du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc). A partir de 1941, une section armée de l'air est créée.

En 1925, pour renforcer les effectifs outre-mer, une section coloniale, limitée aux médecins, est ouverte. Elle fonctionne jusqu'en 1956 et, pendant ces 31 ans, elle fournit en moyenne un médecin colonial sur quatre. Ces "santards" sont inscrits selon les mêmes modalités que les "navalais" auprès de la faculté de médecine de Lyon et après la thèse rejoignent l'Ecole d'Application du Pharo à Marseille.





L’ÉCOLE D’APPLICATION DU SERVICE DE SANTÉ DES TROUPES COLONIALES OU ÉCOLE DU PHARO

Depuis 1850, l'armée de terre a créé à Paris, rattachée à l'hôpital du Val de Grâce, l'école d'application de la médecine militaire. Le service de santé de la marine ouvre à Toulon son école d'application en 1896. Elle jouxte l'hôpital maritime Sainte-Anne qui lui sert d'établissement d'instruction.

Le service de santé des troupes coloniales nouvellement créé installe la sienne en 1905 à Marseille. L'immeuble, construit sur le promontoire et dans le parc du Pharo, est inauguré le 29 septembre 1907, en présence du général Archinard, commandant en chef du Corps d'armée des troupes coloniales. Les plus chevronnés des tropicalistes militaires se trouvent regroupés : Clarac*, le directeur, Simond*, le sous-directeur. La plupart des enseignants sont chefs de service de l'hôpital militaire Michel Lévy.


Médecin Général Inspecteur A. Clarac,
premier directeur du Pharo (1906-1912)

École d'Application du Pharo à Marseille (1930)

La première promotion compte 46 médecins et 4 pharmaciens. Une interruption de l'enseignement de 1914 à 1921 est due à la Grande Guerre.

En 1928, le directeur, L'Herminier*, crée les concours scientifiques du Corps avec trois niveaux : assistant, spécialiste des hôpitaux coloniaux, professeur agrégé du Pharo.

Ainsi se constitue un aréopage pédagogique de très haut niveau. Plusieurs seront membres de l'Académie de médecine et de l'Académie de chirurgie.


Promotion 1954 du Pharo

Le Pharo est tout autant un haut-lieu de la formation en médecine tropicale, un centre de perfectionnement où, entre deux séjours outre-mer, certains viennent préparer des concours et suivre des stages de recyclage et de spécialisation. École de pensée biologique et médicale, creuset de doctrines et de méthodes originales, ses locaux ont abrité de nombreux colloques et congrès, souvent internationaux.

Le centre d’études et de documentation, créé en 1936, est riche de l’une des plus belles bibliothèques de médecine et de pharmacie tropicales au monde. Même le praticien isolé aux colonies peut obtenir facilement des photocopies de références sur les sujets de son choix.

Un centre de recherches est ouvert en 1953. Ses travaux portent sur les sciences pharmaceutiques, biologiques, chimiques et aussi cliniques, en liaison avec les services hospitaliers de l’hôpital Michel Lévy et avec le vaste réseau des camarades coloniaux répartis à travers le monde.

Enfin, le Pharo s’impose rapidement dans la presse médicale spécialisée. Riches de l’expérience de tous les médecins français éparpillés à travers le monde, ses publications font autorité.

Depuis 1975, cette école d’application dont la dénomination a souvent changé, est devenue l’institut de médecine tropicale du service de santé des armées (IMTSSA). Il continue de fonctionner aujourd’hui. A partir de 1966, il s’est vu confier la spécialisation tropicale des médecins et pharmaciens effectuant leur service national en coopération. Avec l’unification des services de santé des armées en 1968, ses tâches de formation et de recherche se sont modifiées et ses missions diversifiées.





LA SPÉCIALISATION EN MÉDECINE ET PHARMACIE TROPICALES

Dès la création du Corps de santé colonial, en 1903, l’accent est mis sur la nécessité de compléter la formation reçue à l’université. Les élèves de Bordeaux, plus tard, ceux de Lyon, ayant choisi la "coloniale" suivent un stage de spécialisation de six mois à l’école du Pharo dont la mission est de "donner une instruction professionnelle spéciale, théorique et surtout pratique, nécessaire pour remplir les obligations de service qui incombent au Corps de santé des troupes coloniales".

Inspirés par deux exigences fondamentales : le pragmatisme professionnel et le sentiment du devoir, les trois grands axes de la spécialisation tropicale sont communs à toutes les filières du Pharo :

1 - Se familiariser avec les particularités tropicales :

- Pour les médecins : les maladies exotiques et la pratique chirurgicale élémentaire des urgences.

- Pour les pharmaciens, les plantes et la toxicologie tropicales, les productions alimentaires industrielles, la conservation des médicaments dans les pays chauds, etc...

- Pour les officiers d’administration : les textes réglementaires spécifiques, en particulier la gestion des hôpitaux, la législation du travail, la conservation des stocks, etc...

- Pour les sous-officiers infirmiers : les maladies exotiques, les soins de nursing adaptés à chacune d’elles, la réglementation en vigueur dans les colonies, etc...


Pratique chirurgicale

Ces apprentissages sont essentiellement pratiques. Il ne s’agit plus de transmettre un contenu ou des connaissances, il faut répondre aux besoins des populations. La détermination des programmes ne se fait plus dans les bureaux d’un ministère, elle se fait sur le terrain. Dès 1907, sont enseignées la médecine opératoire, la microbiologie et la parasitologie par des cours et des travaux pratiques approfondis, la santé publique, etc... Ainsi formés, ces hommes sont capables de s’adapter aux situations imprévues et aussi d’imaginer des solutions innovantes, comme la méthode Jamot dans la lutte contre la maladie du sommeil.

2 - Se placer toujours sous l’angle d’une médecine dite de masse, collective et préventive, contrastant avec les tendances en Europe qui privilégient une médecine individuelle et curative. Le Pharo met sur pied la "santé communautaire" que l’Organisation mondiale de la santé découvrira et cautionnera cinquante ans plus tard. L’accent est mis sur l’épidémiologie, l’hygiène des individus et des collectivités, la microbiologie et la parasitologie appliquées sur le terrain, l’évaluation des taux d’endémicité, etc.. Avant la lettre, le Pharo fut, en son temps, la première école de santé publique du monde.

3 - Savoir s’adapter au contexte biogéographique mais aussi au retard technologique et socio-économique des pays tropicaux, aujourd’hui inclus dans le terme de sous-développement : populations dispersées ou entassées, illéttrisme, rareté de l’eau potable, de l’électricité, difficultés des moyens de communication comme des moyens de dépannage des appareils devenus obsolètes en métropole, etc...

Jusqu'en 1945, des cours d'équitation furent imposés aux jeunes officiers car, en brousse, on se déplaçait souvent à cheval.

Mieux, jusqu’en 1937, les pharmaciens reçurent une formation en météorologie et en radiologie.

Ce long stage à l’école du Pharo a le précieux mérite de forger l’esprit du Corps de santé colonial entre les médecins et les pharmaciens, entre les Bordelais et les Lyonnais. Cette période conforte les amitiés mais aussi une identité de conception et de comportements qui ne feront que se consolider au cours des ans, tant il est vrai que l’identité de vocation puis d’engagement professionnel ainsi que la vie en commun sous les tropiques sont d’inestimables facteurs de cohésion et de réelle fraternité.

A la sortie de Pharo, un concours permet de classer les jeunes officiers et le choix de la première affectation outre-mer est fait dans l’ordre du classement.

Enfin, vient le départ tant attendu, le premier d’une vie professionnelle de 30 à 35 ans... Le premier séjour outre-mer, presque toujours "en brousse", reste pour chaque colonial une date marquante dans sa vie.





LA FORMATION DES OFFICIERS D’ADMINISTRATION

Le cadre des officiers d’administration du service de santé colonial, créé en mai 1904, est "chargé d’assister les médecins auxquels est confiée la direction du service de santé aux colonies". Dès 1906, les agents comptables qui précédemment géraient les formations hospitalières et les diverses structures du service sont remplacés par ces officiers d’administration. Ils ont en même temps des attributions militaires dans les territoires où ils commandent la section de sous-officiers infirmiers coloniaux.

A l’origine, ils sont formés à l’école militaire d’officiers d’administration de Vincennes comme leurs homologues du service d’intendance coloniale. A partir de 1947, la formation des futurs coloniaux est assurée par une année d’études à la section administrative de l’école de santé militaire de Lyon, avec leurs homologues de l’armée de terre métropolitaine.

Le recrutement se fait par un concours annuel, ouvert aux sous-officiers, en général du grade de sergent major, titulaires du brevet supérieur de comptabilité ou du brevet de chef de section. Les épreuves du concours se déroulent au Pharo, les promotions annuelles variant de cinq à dix. Ces élèves officiers sont promus au grade d’aspirant de l’armée de terre durant leur année d’école.

Après Lyon, avec le grade de sous-lieutenant, les officiers d’administration coloniaux suivent un stage de un an à l’école d’application du Pharo où ils reçoivent un enseignement théorique (gestion des hôpitaux, droit d’outre-mer, droit du travail, administration coloniale, etc.) et un enseignement pratique (stage dans les hôpitaux militaires).

Leur nombre reste limité mais croît avec l’ouverture de nouveaux établissements de soins, d’enseignement, de recherche et des services d’hygiène. Ils sont 38 en 1911, 67 en 1936, 82 en 1948.

En 1965, au terme de l’époque coloniale, leur corps est fusionné avec son homologue métropolitain.





LA FORMATION DES SOUS-OFFICIERS INFIRMIERS COLONIAUX

La filière des personnels sous-officiers infirmiers est calquée sur celle des autres spécialités de l’armée. Le jeune engagé volontaire dans les troupes coloniales prépare et passe dans son unité les deux certificats d’aptitude technique ou C.A.T. 1 et 2, qui lui valent d’être caporal infirmier puis sergent infirmier. Les cours d’infirmiers militaires fonctionnent dans plusieurs hôpitaux militaires de la métropole et aussi dans les grandes capitales coloniales.

Après quelques années d’exercice, ce sous-officier prépare le brevet technique du premier degré, ou BT1, soit dans la branche "technique" soit dans la branche "comptable". Dans la première, le brevet est équivalent au diplôme d’État d’infirmier; dans la seconde, il a valeur de diplôme de comptabilité. Plus tard, le BT2 correspond à un surcroît de spécialisation et assure une augmentation de salaire.

Dans les programmes, la formation administrative (législation, comptabilité, tenue des documents, etc...) tient autant de place que l’enseignement scientifique ou technique (maladies tropicales, soins, laboratoire etc...) et la partie santé publique. Dans la branche technique, il existe plusieurs filières de spécialisation : laboratoire, bloc opératoire, manipulateur en radiologie, etc...

Pour les infirmiers, il n’existe pas de passage obligé à l’école du Pharo. Seuls, y seront affectés les candidats à certaines spécialisations, administratives ou hospitalières, grandes endémies, pharmacie, etc.

Les grades allant du sergent à l’adjudant-chef, la spécialisation "administration" permet de devenir officier d’administration après un stage à l’école du Pharo. Quant aux infirmiers de soins, titulaires du B.T.1, au retour dans la vie civile, ils ont les débouchés et prérogatives des infirmiers civils diplômés d’État.


Travail en microscopie





LES EFFECTIFS

En trois quarts de siècle , le service de santé colonial a compté environ 6000 personnes.


École du Pharo - Marseille

En 1890, à la création du "corps de santé des colonies et pays de protectorat", il est prévu de recruter, en deux ans, 215 médecins et pharmaciens, ces derniers représentant 10 à 12 % du total.

Rares sont les médecins civils qui, comme Yersin font acte de candidature. Par contre, nombreux sont les médecins de la marine nationale, déjà familiarisés avec les tropiques, qui se font muter dans le nouveau Corps.

Les premières promotions de l’École de santé navale, créée aussi en 1890, ne sortiront qu’à partir de 1895. Si bien que pour atteindre ou approcher les effectifs fixés, les troupes coloniales "empruntent" 65 médecins supplémentaires à la marine nationale.

Succédant à ce Corps en 1903, le Corps de santé colonial compte 350 médecins et pharmaciens; en 1906, ils sont 460. En 1936, ils sont environ un millier et 1 200 en 1957. A la fin, lors de la fusion avec le service de santé des armées, en 1968, le Corps de santé colonial comptait 1 400 officiers.

Compte tenu des congés, des stages de spécialisation, des affectations dans les corps de troupes en métropole ou au ministère des Colonies, dans les hôpitaux militaires, ce sont approximativement les deux tiers de ces effectifs qui sont en permanence présents outre-mer, soit environ 800 à 900 médecins et pharmaciens, dont la plupart en situation hors-cadres. Cette progression indique bien que le rôle du service de santé a été jugé important par les gouvernements successifs.

Les guérisons spectaculaires, le succès des vaccinations, surtout l’antivariolique, ont été de bons agents de propagande. Lyautey qui avait vécu la campagne du Tonkin et celle de Madagascar avec Galliéni, assurait pendant la pacification du Maroc : "Envoyez moi quatre médecins et je vous renverrai un bataillon".





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