LES OFFICIERS D'ADMINISTRATION ET
LES SOUS-OFFICIERS INFIRMIERS

Le Corps de santé colonial comporte, à côté des médecins et des pharmaciens, des personnels dont les actions, peut être moins visibles, sont primordiales car, sans eux, rien ou presque n’aurait été possible. Il s’agit des officiers d’administration qui régissent le fonctionnement administratif de ce Corps réparti sur les cinq continents, avec une grande compétence et surtout une grande capacité d’adaptation à des situations très souvent imprévisibles. Leur rôle est essentiel.

Il s’agit aussi du corps des infirmiers coloniaux. Quoique en petit nombre par rapport aux auxiliaires autochtones, ils sont presque aussi nombreux que les médecins. Leur spécialisation est précieuse pour adapter et utiliser les techniques et les appareils qu’elles nécessitent en milieu tropical, humain comme climatique. Leur rôle est très important.





LES OFFICIERS D’ADMINISTRATION

Leur rôle est important : mouvement des malades, gestion du personnel, des approvisionnements, du matériel. Ils préparent les budgets et en surveillent l’exécution. Ils élaborent les "règlements intérieurs" qui doivent être à la fois précis et souples, permettant le fonctionnement des services dans des conditions variées. Ils sont les conseillers administratifs des chefs d’établissements et des directeurs de la santé et assurent la liaison avec l’administration coloniale, tant civile que militaire.


Arrivée d'un malade en ambulance (Oubangui)

En fait, ils ont en charge la gestion des formations sanitaires. Tour à tour bâtisseurs, mécaniciens, électriciens, comptables, et même enseignants dans les écoles locales de médecine. A l’occasion, leurs compétences leur permettent de jouer un grand rôle quand les circonstances l’exigent.

Par exemple, la loi de finances 1925 prescrit le passage des établissements hospitaliers du ministère des Colonies au compte des autorités locales. Ce transfert de compétences est négocié dans ses modalités et leur application par les officiers d’administration du service de santé de chaque territoire.

Autre exemple : au moment du coup de force japonais en 1945, à Saigon, le gestionnaire Gilet*, pris en otage, négocie la situation de l’hôpital Grall qui sera la seule formation à demeurer sous commandement français.

Lorsqu’en 1956, en application de la loi-cadre, les services de santé publique sont pris en charge par les nouveaux élus locaux qui deviennent ministres et directeurs de la santé. Il faut s’adapter au nouveau contexte et contribuer à l’élaboration de nouveaux textes législatifs.

La gestion de certains établissements (hôpital Principal de Dakar, hôpital Girard et Robic de Tananarive, etc...) restent confiés à la France par les États indépendants et sont pris en compte par le service de santé des troupes de marine mais, en "autonomie financière totale". Cela signifie que leurs recettes doivent couvrir leurs dépenses. Ces conditions d’équilibre budgétaire et de rentabilité n’étaient pas de mise au temps de la colonisation. Les officiers d’administration en service dans ces hôpitaux remplissent leur mission dans des conditions très difficiles.

En Indochine, l’hôpital Grall est transféré au ministère des Affaires Étrangères en 1954. Pendant 20 ans, il a fonctionné dans des situations difficiles et dangereuses. L’esprit d’équipe des médecins-chefs et des officiers d’administration assure la continuité jusqu’en 1975.

Après les indépendances, les officiers d’administration sont encore sollicités par les nouveaux États pour la gestion des fonds d’aide, pour la planification sanitaire, pour la création de filières "santé publique" dans les écoles nationales d’administration, pour l’administration des nouveaux organismes de lutte contre les grandes endémies (OCCGE et OCEAC), etc...

En définitive, les officiers d’administration sont l’armature du service de santé colonial. En contribuant à l’approfondissement et à la continuité de son action, ils participent efficacement à la transmission de cet héritage aux jeunes États indépendants.




LES SOUS-OFFICIERS INFIRMIERS

Les sous-officiers du corps de santé colonial contribuent largement au fonctionnement du service depuis sa création, tant au sein des formations militaires que dans les établissements civils des colonies.

Leurs fonctions recouvrent un large éventail de spécialités : infirmiers-majors, infirmiers-chefs, infirmiers-soignants, manipulateurs en radiologie, chefs de bloc opératoire, prothésistes dentaires, préparateurs en pharmacie, laborantins et autres techniciens, particulièrement les anesthésistes dont l’expérience acquise en chirurgie de guerre (FFL, Corée, Indochine) est précieuse dans les conditions d’outre-mer.

D’autres sous-officiers s’orientent vers l’administration et la comptabilité.

Dans chaque colonie, il existe une section d’infirmiers, commandée par un officier d’administration.

Au cours des opérations militaires (conflits mondiaux et guerres coloniales), ces infirmiers sont les précieux auxiliaires des médecins. Dans les antennes chirurgicales, à l’occasion, ils restent avec les blessés et sont faits prisonniers. Hommage leur a toujours été rendu dans les journaux de marche ou d’opérations.


Laboratoire de tournée

 




Pour en savoir plus :

- Comité d’Histoire du Service de Santé : L’Histoire de la Médecine aux Armées.
- P. PLUCHON : L’histoire des Médecins et Pharmaciens de la Marine et des Colonies. 1985, Bibliothèque Historique Privat, 14, rue des Arts, 31068 Toulouse.


Page publiée le 26/02/2016.