Actualités épidémiques : de la fin de l’histoire du MV Hondius et des hantavirus à l’épidémie à virus Bundibugyo en République Démocratique du Congo.
Mi avril 2026, le risque de pandémie lié au Hantavirus largement relayé dans la presse a inquiété la communauté scientifique internationale qui l’a pris très au sérieux. Apparemment et finalement, cette flambée ne restera qu’une péripétie sans grande conséquence même si, comme le souligne l’article ci-dessous signé de Michel Huerre (Bx 66), des enseignements précieux peuvent en être tirés.
Passé cet épisode, voici que survient une autre situation préoccupante observée actuellement au nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) concernant le virus Ebola.
C’est dès le 5 mai 2026 que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été alertée de la survenue d’une « épidémie à forte mortalité d’une maladie inconnue dans la zone sanitaire de Mongbwalu, province d’Ituri, incluant des décès parmi le personnel de santé ». Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et des Affaires sociales de la RDC a officiellement déclaré la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en RDC liée au virus Bundibugyo, variant pour lequel on ne dispose pas de vaccin contrairement aux virus Ebola Zaïre ou Soudan. Après appréciation de la situation en lien avec les états concernés (RDC et Ouganda), l’OMS a, le 17 mai 2026, déclaré cette épidémie comme « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI) conformément au règlement sanitaire international (RSI) sans cependant classer à ce stade cet évènement comme une urgence due à une pandémie selon les critères du RSI.
Cette décision de l’OMS fait suite aux constats suivants :
• Au 16 mai 2026, 8 cas avaient été confirmés en laboratoire, tandis que 246 cas suspects et 80 décès suspects avaient été signalés dans la province de l’Ituri, en RDC, dans au moins trois zones sanitaires, dont Bunia, Rwampara et Mongbwalu ; par ailleurs, 2 autres cas confirmés en laboratoire (dont un mortel) sans lien apparent, avaient été signalés à Kampala, en Ouganda, à 24 heures d’intervalle, les 15 et 16 mai 2026. De plus, des décès survenus dans un contexte évoquant la maladie ont été observés dans plusieurs zones sanitaires de l’Ituri et des cas suspects ont été notifiés dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
• Au moins 4 décès de professionnels de santé dans un contexte clinique évocateur d’une fièvre hémorragique virale ont été signalés dans la zone touchée, ce qui laisse à penser à de possibles lacunes concernant les mesures de lutte anti-infectieuse et fait redouter une possible amplification dans les établissements de santé.
• S’il existait alors encore beaucoup d’incertitudes quant au nombre réel de personnes infectées, le taux élevé de positivité des premiers échantillons collectés (8 échantillons positifs sur les 13 collectés dans différentes zones), la confirmation des cas à Kampala et à Kinshasa, ainsi que le nombre croissant de déclarations syndromiques de cas suspects et de groupes de décès dans la province de l’Ituri incitait à penser que l’épidémie était bien plus importante que ne le laissaient supposer les premiers chiffres rapportés par les autorités.
Devant cette situation, l’OMS et des autorités sanitaires locales et régionales se montrent
particulièrement inquiètes pour plusieurs raisons :
• D’abord le fait qu’il n’existe à ce jour aucun traitement ou vaccin spécifique
homologué contre l’infection à virus Bundibugyo invitant les laboratoires à
organiser des essais cliniques pour faire progresser la mise au point et l’utilisation
de traitements et de vaccins candidats.Pour l’OMS, cet événement « exige une coordination et une coopération internationales
pour comprendre l’ampleur de la flambée, coordonner la surveillance, la prévention et la
riposte, pour étendre et renforcer les opérations et pour garantir la possibilité de mettre
en œuvre des mesures de lutte » et plusieurs recommandations classiques pour un tel
cas d’espèce ont été formulées à l’attention des états concernés. Parmi celles-ci et en
dehors des mesures bien connues qui concernent la protection et la formation des
personnels soignants, l’équipement des hôpitaux, l’existence d’un laboratoire de
référence, le respect des chaines d’approvisionnement, le dépistage des cas suspects,
certaines retiennent l’attention : on note ainsi la nécessité de renforcer la sensibilisation,
la mise au point et l’utilisation de traitements et de vaccins candidats. [1]
la mobilisation et la participation communautaires, en particulier d’identifier et de
surmonter les normes culturelles et les croyances qui font obstacle à la pleine
participation des communautés à la riposte mise en place, celle d’effectuer un dépistage
aux frontières et sur les principales routes intérieures afin de ne laisser passer aucun cas
suspect, celle de veiller à ce que les funérailles et les inhumations soient effectuées par
du personnel bien formé, en permettant les pratiques familiales et culturelles, celle de
reporter les rassemblements de masse, toutes mesures dont on connait les difficultés
pour les mettre effectivement en place a fortiori dans une zone qui est en pleine crise
humanitaire du fait des conflits armés.
S’il a été recommandé de ne pas nuire à l’approvisionnement, les autorités locales ont
fermé l’aéroport de Bunia, capitale provinciale d’Ituri, le 23 mai ce qui a créé une grande
inquiétude de la part des ONG car il donne un accès à l’épicentre de l’épidémie et a fort
heureusement réouvert le 27 mai. De leur côté, l’Ouganda et le Rwanda ont fermé leurs
frontières avec la RDC allant ainsi à l’encontre des recommandations de l’OMS. Celle-ci
souligne que ce type de restriction habituellement mis en œuvre sous l’effet de la peur et
sans aucun fondement scientifique favorise le déplacement de personnes et de
marchandises vers des postes-frontière informels qui ne sont pas surveillés ce qui
augmente les risques de propagation, nuit à l’économie locale et peut avoir une incidence
négative sur la sécurité et la logistique des opérations de riposte.
Dans une tribune publiée le 31 mai 2026 dans le Financial Times, l'agence sanitaire de
l'Union africaine (Africa CDC) faisait état au 30 mai de 1100 personnes suspectes d’avoir
contracté la maladie, de 263 cas confirmés et de 43 décès. Ces données ont été revues à
la baisse par l’OMS lors d’un point presse le 2 juin considérant que de nombreux malades
« ont été écartés après vérification et souffrent soit d’autres maladies, soit n’ont présenté
qu’un épisode de fièvre sans autre symptôme. » A cette date, l’OMS fait état de 330 cas
confirmés (dont 9 en Ouganda) et de 49 décès (dont 1 en Ouganda) ainsi que de 6
guérisons enregistrées et a ramené le nombre de cas suspects à 117 (dont 1 en
Ouganda). Mais ces chiffres restent sujets à caution pour estimer l’ampleur de l’épidémie
actuelle car peu de tests ont été effectués en laboratoire jusqu’ici, essentiellement par
manque de moyens en RDC. Parmi les cas confirmés, le taux de létalité est estimé à
15 %.
Les informations concernant les chaines de transmission et les groupes de population
affectés en zone épidémique restent encore limitées du fait du contexte local
particulièrement complexe et il convient de rester très prudent pour juger de l’ampleur
de cette épidémie. Pour l’OMS, les 10 pays frontaliers de la RDC sont à haut risque de
propagation de l’épidémie. En revanche, le risque d’introduction du virus dans les pays
hors de l’Afrique est actuellement considéré comme faible par l’OMS.
Le 5 juin, le bilan fait état de 381 cas confirmés et de 64 décès et le 8 juin de 488 cas
confirmés et de 98 décès ce qui rend compte de l’intensité de l’épidémie. L’OMS et le
Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont annoncé
lancer un plan conjoint de 518 millions de dollars (449 millions d’euros), de juin à
novembre, pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC et dans des pays limitrophes.
• Ensuite, un risque de propagation très élevé dans les 10 pays frontaliers de la
RDC, l’Ouganda étant déjà touché, en raison de la mobilité de la population, du
commerce et des voyages entre ces pays, ainsi que de l’incertitude
épidémiologique persistante.
• Enfin et surtout, un contexte local associant insécurité persistante, crise
humanitaire, forte mobilité de la population, nature urbaine ou semi-urbaine du
foyer actuel et vaste réseau d’établissements de santé informels qui aggrave le
risque de propagation, comme cela a été observé lors de la grande épidémie de
maladie d’Ebola survenue en 2018-2019 dans les provinces du Nord-Kivu et de
l’Ituri.
Pour l’OMS, cet événement « exige une coordination et une coopération internationales
pour comprendre l’ampleur de la flambée, coordonner la surveillance, la prévention et la
riposte, pour étendre et renforcer les opérations et pour garantir la possibilité de mettre
en œuvre des mesures de lutte » et plusieurs recommandations classiques pour un tel
cas d’espèce ont été formulées à l’attention des états concernés. Parmi celles-ci et en
dehors des mesures bien connues qui concernent la protection et la formation des
personnels soignants, l’équipement des hôpitaux, l’existence d’un laboratoire de
référence, le respect des chaines d’approvisionnement, le dépistage des cas suspects,
certaines retiennent l’attention : on note ainsi la nécessité de renforcer la sensibilisation,
la mobilisation et la participation communautaires, en particulier d’identifier et de
surmonter les normes culturelles et les croyances qui font obstacle à la pleine
participation des communautés à la riposte mise en place, celle d’effectuer un dépistage
aux frontières et sur les principales routes intérieures afin de ne laisser passer aucun cas
suspect, celle de veiller à ce que les funérailles et les inhumations soient effectuées par
du personnel bien formé, en permettant les pratiques familiales et culturelles, celle de
reporter les rassemblements de masse, toutes mesures dont on connait les difficultés
pour les mettre effectivement en place a fortiori dans une zone qui est en pleine crise
humanitaire du fait des conflits armés.
S’il a été recommandé de ne pas nuire à l’approvisionnement, les autorités locales ont
fermé l’aéroport de Bunia, capitale provinciale d’Ituri, le 23 mai ce qui a créé une grande
inquiétude de la part des ONG car il donne un accès à l’épicentre de l’épidémie et a fort
heureusement réouvert le 27 mai. De leur côté, l’Ouganda et le Rwanda ont fermé leurs
frontières avec la RDC allant ainsi à l’encontre des recommandations de l’OMS. Celle-ci
souligne que ce type de restriction habituellement mis en œuvre sous l’effet de la peur et
sans aucun fondement scientifique favorise le déplacement de personnes et de
marchandises vers des postes-frontière informels qui ne sont pas surveillés ce qui
augmente les risques de propagation, nuit à l’économie locale et peut avoir une incidence
négative sur la sécurité et la logistique des opérations de riposte.
Dans une tribune publiée le 31 mai 2026 dans le Financial Times, l'agence sanitaire de
l'Union africaine (Africa CDC) faisait état au 30 mai de 1100 personnes suspectes d’avoir
contracté la maladie, de 263 cas confirmés et de 43 décès. Ces données ont été revues à
la baisse par l’OMS lors d’un point presse le 2 juin considérant que de nombreux malades
« ont été écartés après vérification et souffrent soit d’autres maladies, soit n’ont présenté
qu’un épisode de fièvre sans autre symptôme. » A cette date, l’OMS fait état de 330 cas
confirmés (dont 9 en Ouganda) et de 49 décès (dont 1 en Ouganda) ainsi que de 6
guérisons enregistrées et a ramené le nombre de cas suspects à 117 (dont 1 en
Ouganda). Mais ces chiffres restent sujets à caution pour estimer l’ampleur de l’épidémie
actuelle car peu de tests ont été effectués en laboratoire jusqu’ici, essentiellement par
manque de moyens en RDC. Parmi les cas confirmés, le taux de létalité est estimé à
15 %.
Les informations concernant les chaines de transmission et les groupes de population
affectés en zone épidémique restent encore limitées du fait du contexte local
particulièrement complexe et il convient de rester très prudent pour juger de l’ampleur
de cette épidémie. Pour l’OMS, les 10 pays frontaliers de la RDC sont à haut risque de
propagation de l’épidémie. En revanche, le risque d’introduction du virus dans les pays
hors de l’Afrique est actuellement considéré comme faible par l’OMS.
Le 5 juin, le bilan fait état de 381 cas confirmés et de 64 décès et le 8 juin de 488 cas
confirmés et de 98 décès ce qui rend compte de l’intensité de l’épidémie. L’OMS et le
Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont annoncé
lancer un plan conjoint de 518 millions de dollars (449 millions d’euros), de juin à
novembre, pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC et dans des pays limitrophes.
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