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BRÈVE HISTOIRE DE L’EXERCICE HUMANITAIRE ET TROPICAL DES PRATICIENS MILITAIRES
Article mis en ligne le 7 mars 2024
dernière modification le 3 mai 2024

BRÈVE HISTOIRE DE L’EXERCICE HUMANITAIRE ET TROPICAL DES PRATICIENS MILITAIRES

Le Service de Santé de la Marine a été le premier créé. Il s’individualise dès 1640 avec Richelieu, mais il faut attendre l’Ordonnance de Colbert de 1681 et surtout l’Ordonnance de Seignelay de 1689 pour voir la véritable création d’un Service de santé de la Marine. Ce service, bien structuré au XVIIIème siècle, assure les soins à terre des soldats, des missionnaires, des commerçants et des employés autochtones.

Cependant, les chirurgiens navigants et les apothicaires qui accompagnent les premiers européens dans leur découverte du monde ne disposent que de données empiriques et de leur sens de l’observation pour affronter les dangers sanitaires qui sont présents en région tropicale, en particulier ceux qui sont liés aux agents infectieux. A la fin du XIXème siècle, les progrès techniques et la révolution pasteurienne permettent une approche scientifique plus efficace de ces risques sanitaires. A cette même époque, les empires coloniaux semblent stabilisés et la mise en place de structures médicales devient nécessaire. Le Service de santé de la Marine ne suffit plus et, après un essai de service de santé civil, un "Service de santé des colonies et pays de protectorat" est créé en 1890.

Insigne SSTC (Service de Santé des Troupes Coloniales)

Ce service est assuré par un corps de médecins et pharmaciens militaires formés à l’École de Santé Navale et Coloniale qui ouvre ses portes à Bordeaux la même année. Il prend le nom de « Corps de santé des troupes coloniales » en 1903. Il a, alors, la double tâche d’assurer la santé des troupes coloniales et d’exercer la totalité des compétences de santé publique dans les pays de l’Empire (Maghreb excepté).

L’ Institut de Médecine tropicale du Pharo, créé en 1905 à Marseille, est le creuset commun à tous ceux qui sont venus y puiser la formation pratique, les valeurs et l’esprit du médecin et du pharmacien colonial. De leur côté, les élèves ayant opté pour la Marine et qui représentaient un important contingent de l’Ecole Santé Navale font leur stage de spécialisation à l’Ecole d’application du Service de santé de la Marine à Toulon.

Ainsi, de 1890 à 1968, la France a confié la charge de la santé publique dans son empire colonial au Service de santé des troupes coloniales, corps militaire à vocation civile dominante, fait assez remarquable, qui laissera longtemps son empreinte dans les systèmes de santé de ces territoires.

A partir des années soixante, au sein des pays tropicaux devenus indépendants, les médecins et pharmaciens des Troupes de marine, mais aussi des praticiens militaires venant de la Marine, de l’ Armée de Terre ou de l’ Armée de l’Air vont assurer un soutien sanitaire et de formation au titre de la Coopération technique française dans les domaines médico-chirurgicaux, de santé publique et des grandes endémies, de biologie et de recherche. Cette activité va progressivement diminuer tandis que le Ministère de la Coopération disparait en 1995. Les médecins et pharmaciens militaires, en nombre de plus en plus restreint, continueront jusqu’en 2010 à exercer à la demande de certains états africains ou asiatiques en particulier au sein d’hôpitaux ou d’Instituts.

Parallèlement, les médecins et pharmaciens militaires engagés dans des opérations extérieures (OPEX) vont contribuer à des actions humanitaires au profit des populations locales. En 1993, nait la Bioforce militaire qui résulte d’un convention signée entre le Ministère de la Défense, le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère de la Coopération et la Fondation Mérieux. Elle est intégrée à la Force d’action humanitaire militaire d’intervention rapide (FAHMIR).

Pour en savoir davantage, voir le chapitre « historique du Service de Santé ».