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Site de l’Association Amicale Santé Navale et d’Outre Mer (ASNOM)

L’ATLAS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE EN FRANCE EN 2026 : UN DOCUMENT ÉCLAIRANT.
Article mis en ligne le 21 avril 2026

C’est le 31 mars 2026 que le Conseil National de l’Ordre des médecins (Cnom) a publié son atlas de la démographie médicale en France au 1er janvier 2026. Depuis une quinzaine d’années, ce document représente un outil de référence important pour la connaissance et l’analyse de la population médicale sur le territoire français qui permet de disposer d’informations fiables et actualisées indispensables pour mener une réflexion saine sur l’organisation du système de santé de notre pays. Cette année, ces données sont riches d’enseignement.

En premier lieu, on constate que les 245 847 médecins inscrits à l’Ordre représentent une hausse de près de 2 % par rapport à l’année précédente, venant confirmer la hausse de 1,5 % observée en 2025 et pouvoir ainsi affirmer que la baisse du nombre de médecins est dorénavant derrière nous. Depuis 2010, l’augmentation des effectifs médicaux est de 14 % et est envisagée à 40 % à l’horizon 2040. Toutefois, ces résultats portent sur l’ensemble des médecins inscrits à l’Ordre sans préjuger de leur mode d’exercice qui peut être régulière, mais aussi intermittente ou en cumul emploi retraite ; ces modes d’exercice deviennent de plus en plus fréquents : si, en 2010, les actifs intermittents et les retraités actifs représentaient respectivement 4,6 % et 2,6 % des médecins en exercice, ces taux sont en 2026 respectivement de 6,8 % et de 9,7 % ce qui témoigne d’une évolution très marquée de ces modes d’exercice. C’est donc souligner ici que ces données ne peuvent être considérées comme la réelle offre de soins proposée par le corps médical et que ces tendances globales à la hausse doivent être nuancées. Ceci est d’autant plus vrai que l’on note dans ce document que cette tendance à la hausse est très inégale selon les territoires : hausse de près de 20 % des effectifs médicaux depuis 2010 dans certains départements tels que le Calvados, le Finistère, l’Ile et Vilaine, le Morbihan, la Loire Atlantique, la Gironde, les départements alpins, les Pyrénées atlantiques et baisse de plus de 20 % dans l’Aveyron, la Charente, le Cher, la Creuse, le Gers, la Nièvre et plusieurs départements du grand est. Globalement, la densité médicale varie fortement en fonction des régions : c’est en région PACA (432/100 000 habitants) et en Ile de France (396) qu’elle est la plus élevée, et dans le Centre Val-de-Loire qu’elle est la plus faible (313) ; si l’on ne considère que les médecins généralistes, c’est en Bretagne que leur densité est la plus élevée.
D’autres évolutions caractérisent le corps médical actuel. Pour la première fois, les femmes sont plus nombreuses que les hommes et représentent 50,5 % des effectifs (vs 40,1 % en 2010) et cette dynamique est encore plus marquée chez les médecins âgés de moins de 40 ans. On observe par ailleurs un rajeunissement global de la population médicale (49,9 ans) très marqué dans les départements situés au nord-ouest de l’hexagone témoignant d’une attractivité de ces territoires pour les plus jeunes médecins.
Le mode d’exercice est dorénavant et pour la première fois dominée par le salariat : 47 % des médecins sont salariés tandis que 41,6% exercent en libéral exclusif et 10,9 % ont un mode d’exercice mixte. Cette évolution est récente puisqu’en 2015, 48 % des médecins exerçaient exclusivement en libéral : entre 2015 et 2026, l’effectif des médecins qui exercent en libéral a diminué de 4,7 % tandis que celui des médecins salariés a progressé de 22,3 %. Toutefois, l’activité libérale reste le mode d’exercice privilégié des médecins généralistes (54,7 %) et des spécialistes chirurgicaux (44,4 %), l’activité salariée représentant le mode d’exercice de 60 % des spécialistes médicaux. Le mode d’exercice libéral est globalement plus présent dans les départements du sud-ouest et du sud-est de la France.
Au 1er janvier 2026, 34 950 médecins en activité ont obtenu leur diplôme à l’étranger, soit une variation de +127,7% depuis 2010. Ces médecins représentent aujourd’hui 14,2 % des effectifs médicaux attestant du rôle important qu’ils jouent dans l’équilibre démographiques de certains territoires ; 8,6 % ont obtenus leur diplôme hors UE et 4,6 % au sein de l’UE. Le pays d’origine des médecins qui ont obtenu leur diplôme Hors UE est l’Algérie pour 36,1 % d’entre eux suivi de la Tunisie pour 15,5 %, les pays d’Afrique noire ne représentant que 6 % de ces médecins. Pour les diplômes provenant de l’UE, c’est la Roumanie qui domine (42,8 %), devant la Belgique (15,4 %) et l’Italie (15,3%). C’est dans le Bassin parisien et le nord de la France qu’ils sont les plus nombreux mais c’est dans les départements du sud que les progressions en effectifs sont les plus importantes (progression de 155% de ces effectifs entre 2010 et 2026 dans les Bouches du Rhône et de 172 % dans le Pyrénées orientales). Les médecins en activité à diplômes étrangers représentent 22,6% des spécialistes chirurgicaux et 18,7% des spécialistes médicaux. Chez les généralistes en activité, la proportion de médecins à diplômes étrangers est de 6,8%.
Les motifs de sortie des 10820 médecins qui exerçaient en activité régulière en 2025 ont été les suivants : 29,8 % vers la retraite sans activité médicale, 26,7 % vers un cumul emploi-retraite, 24,6 % du fait d’une radiation administrative, 13,5 % vers une activité intermittente et 5,5 % vers un arrêt temporaire d’activité. Ces chiffres montrent l’attractivité actuelle du cumul emploi-retraite.
Si l’on examine les flux d’effectifs médicaux en 2025 entre entrées et sorties en fonction des spécialités, les balances positives supérieures à 100 médecins s’observent chez les généralistes (+ 1166), les urgentistes (+ 570), les anesthésistes-réanimateurs (+ 331), les pédiatres (+ 265), les gériatres (+227), les gynécologues-obstétriciens (+ 155), les neurologues (+ 150) et les psychiatres (+129). La balance est rarement négative sauf en médecine du travail (-134), en chirurgie générale (- 63) et en biologie médicale (-23).
L’ensemble des données que l’on découvre dans cet Atlas du Cnom (en 2 tomes) sont dignes d’intérêt si l’on souhaite appréhender correctement les évolutions qui se sont produites récemment au sein du corps médical et pour anticiper certaines tendances. Si elles viennent souvent confirmer ce que l’on sait déjà en les objectivant concrètement, certaines surprises sont possibles qui sont souvent des

CNOM atlas de démographie médicale en 2026, tome 1
CNOM atlas démographie médicale en 2026, tome 2

Légende des tomes
Le Tome 1 propose un cadre de lecture transversal de la démographie médicale.
Le Tome 2 est consacré à l’analyse par spécialité, et contient des outils de cartographie interactive mis à disposition par le Cnom.